• S'associer pour se professionnaliser

  • La réflexion amène à la compréhension, la décision permet l'action.

  • Apprendre aujourd'hui pour savoir faire demain

PREC SUIV

Les premiers pas de La Classe Inversée





Christine Louvier juin 2016



Les 1,2 et 3 juillet dernier a eu lieu le congrès francophone de la Classe inversée à Paris organisé par le CLIC. Bien évidemment, les orthopédagogues de l’UOF, qui maintiennent une veille sur les concepts innovants en matière d’éducation étaient présents.

 
Nous y avons rencontré deux types principaux d’enseignants : ceux qui, convaincus de la démarche, pratiquaient déjà la classe inversée, et ceux qui venaient découvrir le concept et semblaient, pour la plupart, volontaires pour essayer. Huit cents personnes étaient présentes et ont échangé, partagés leurs expériences au travers de conférences, de tables rondes et d’ateliers divers.
J’ai le sentiment, mais cela n’engage que l’auteure de cet article, que toutes ces personnes qui ont en commun le souhait de faire évoluer la pédagogie sont amenées à se saisir elles-mêmes de ce challenge par manque d’innovation et de dynamique expérimentale proposée par l’Education Nationale.

 
Cependant, l’intervention de Madame Florence Robine, Directrice générale de l’Enseignement Scolaire auprès du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, donne une note d’espoir. En effet, une prise de conscience et une volonté d’agir semblent en train d’émerger. Elle souhaite donc mettre en place une cellule dans laquelle les innovations pédagogiques seront travaillées en lien avec les découvertes des chercheurs. Affaire à suivre.

 
De mon point de vue d’orthopédagogue, la classe inversée n’est peut-être pas « la » solution miracle mais elle présente quand même de nombreux attraits :
Tout d’abord, l’apprenant devient l’acteur volontaire et actif de son apprentissage. Il n’est plus passif physiquement et intellectuellement, à attendre qu’on le nourrisse d’un savoir. Il va falloir qu’il s’engage dans une démarche plus dynamique de recherche et de participation. Voici ici une des clés pour agir sur la motivation, l’autonomie et l’attention des jeunes.

 
De plus, cela permet de gérer l’hétérogénéité des élèves en fonction de leur capacité d’attention comme je l’ai déjà souligné précédemment mais aussi en fonction de leur niveau scolaire. Le travail en îlots, par groupes de niveau permet à chacun d’évoluer à son rythme. Le droit à l’erreur est enfin pris en compte, puisque l’apprenant peut recommencer sa tâche, être de nouveau guidé par son professeur ou aidé de supports numériques jusqu’à ce que les notions soient intégrées.

 
La posture des enseignants par rapport à leurs élèves est elle aussi modifiée. Effectivement, l’enseignant passe moins de temps à répéter des notions magistrales (qui seront toujours accessibles sous d’autres supports) et plus de temps à accompagner les travaux de chaque groupe. Il se trouve alors dans une position « au côté » de l’élève, accessible et non en position frontale.

 
Enfin, la structuration du PDT (Plan De Travail) respecte quelques points fondamentaux en matière de technique d’apprentissage ; une réactivation la plus immédiate possible et un espacement réfléchi.

 
Ce dernier point est désormais prouvé par les dernières recherches en neurosciences, mais ce point fera l’objet d’un prochain article.

 
Ceci ne constitue pas une liste exhaustive de points positifs mais offre un premier regard qui, je l’espère, conduira certains de vous à se questionner sur ses pratiques pédagogiques. Bien sûr, comme pour toute nouvelle approche, il y a quelques pièges à éviter, quelques contraintes logistiques, mais cela ne constitue pas, à mes yeux, un argument suffisant pour renoncer à se lancer dans l’aventure ou tout au moins s’interroger.

 

 

Christine Louvier

© Union des Orthopédagogue de France - Mentions Légales - création Bonbay